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Le blog de docteurlabuse.over-blog.com

On vit une époque formidable.

The artist is present

The artist is present
Il y a longtemps que je n'ai pas parlé de cinéma.
Un sujet rebattu, des revues et des sites en veux-tu en voilà, sans parler des forums où l'on s'écharpe, des festivals prestigieux "je tiens à remercier"et la récompense ultime du public qui achète ses places en son âme et conscience. Pas facile dès lors de ne pas en rajouter dans la veine j'aime/ j'aime pas , avec les arguments cinéphiliques à l'appui. On ne saurait échapper aux petites phrases qui s'étalent autour des titres sur les affiches de cinéma. Sublime ! une leçon de cinéma ! captivant! je tiens la liste à votre disposition.
Le nombre d'entrées est la mesure aujourd'hui du succès d'un film, mais aussi de l'adhésion à un sujet, à son traitement en général comique, puisqu'il faut bien faire une distinction, celle que font les auteurs malheureux de ne pas avoir choisi le cinéma dit d'auteur. Parce que quand on fait dans la franche rigolade, on aimerait aussi être reconnus, il n'y a pas que les chiffres dans la vie. Une frustration bien naturelle chez ces artistes qui créent malgré tout . Du prêt à rire, certes, des sujets de société proches des jeux de société, d'accord, des malheurs à se fendre la gueule, mais que vous faut-il de plus ? Il n'y a pas que Woody Allen et Bergman dans la vie.
Faire marrer les gens est donc à l'évidence le meilleur choix, celui qui fait les millions d'entrées.
Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? Sans être Supercondriaque, il y a de quoi se sentir mal quand on est jury à Cannes par exemple et qu'on vote pour le film turc (VO sous titrée) de 3h 16 Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan. Aggraverait-on le spleen de Dany Boon en nommant cette palme d'or ?
Les têtes de l'art 2014. Le septième art.

Les têtes de l'art 2014. Le septième art.

Un qui a fait la tête, mais pour des raisons bien distinctes, c'est Xavier Dolan, le québécois. 

26 ans et 5 films, ça doit être un auteur préssé. Il s'attendait l'été dernier à rafler la palme d'or à Cannes avec son film Mommy, et il écope tout juste du prix du jury, exaequo avec Jean Luc Godard. Aux Césars, il s'en tient au prix du meilleur film étranger, et que dalle aux Oscars. Donc notre jeune cineaste est fumasse, mais ne lâche pas le morceau. Et on comprend sa hargne, celle qui filtre dans son dernier film Mommy. Un long et déroutant affrontement en quète d'amour. Amour maternel, besoin adolescent d'être le centre du monde, refusant toutes compromissions, exclusivité égoiste jusqu'à la mort.

La mère (Anne Dorval) parle, bavarde, remplit les blancs, ne laissant aucune place aux angoisses. Le fils (Antoine Olivier Pilon) la surpasse, s'agite, jusqu'à l'épuisement, chopant tout ce qui se présente. La voisine (Suzanne Clément) bégaie, ne peut chier ses mots, mutique mais pleine de fureur contenue. Ces trois là vont faire un bout de chemin, allumer un peu de bonheur. La musique est omniprésente, et le cadre du film change parfois. Effet boeuf de l'ouverture de l'écran, lorsque pour la première fois l'ado l'écarte en ouvrant les bras. Malheureusement le format est la pupart du temps celui de vos anciennes (très anciennes) télé: 4/3. Oppressant comme le calvaire de cette Mommy. Un combat de tous les instants. Hystérie bavarde mais fascinante.

Xavier Dolan
Xavier Dolan

Xavier Dolan

Et le combat c'est le truc de Madeleine. La jeune femme du film Les COMBATTANTS, de Thomas Cailley, projeté à Cannes ausssi. Adèle Haenel, obtient le César 2015 de la meilleure actrice pour ce film.

Dans la plupart des critiques, l'adjectif "frais" vient en premier sous la plume des nombreux auteurs, à propos du sujet du film. Ce qui pourrait faire dire aux mal intentionnés que les autres sont pas frais. 

Autant dans le film Mommy, on est dans l'enfermement, autant les Combattants s'évadent dans la nature. La route, la plage, la mer, la forêt, pieds nus la tête dans les étoiles, les corps sont soumis aux caprices du temps et les muscles sont mis à rude épreuve. Une liberté à conquérir, quitte à prendre l'uniforme. Préparation militaire, chef oui chef, illusion de l'aventure, la vraie qui vous colle des ampoules et des entorses, mais vide de sens.

Madeleine veut se dépasser, en baver, apprendre à survivre, déjà blasée. Arnaud ne sait pas ce qu'il veut, à part Madeleine. Alors il faut se mettre en danger, les sens en alerte, faire front au désir et empoigner la vie à deux, s'associer pour y parvenir. Et c'est pas triste. 

The artist is present

Les histoires de couple ne mobilisent pas toujours la même énergie positive. Parfois il y a de la destruction dans l'air.

Gone Girl, le dernier film de David Fincher n'y va pas de main morte. 

L'anatomie d'un couple marié pour le pire et pour le pire, par le meilleur David Fincher.

The artist is present

Ben Affleck le mari. Rosamund Pike la femme. Perdre la raison quand on aime a un coùt exhorbitant qu'on finit par payer à la hauteur de ses illusions. Le délitement des sentiments, dis-moi que tu m'aimes, prend ici la tournure d'une énigme où chacun de nous peut désigner le coupable. Ben Affleck joue les braves gars, beau mec avachi, qui ne tient pas la distance des propos sucrés et s'essouffle vite sur les promesses éternelles. Coupable idéal d'une Amérique pudibonde qui s'accroche à ses traditions matrimoniales. Sa femme est le mètre étalon de l'idéal féminin. 

Gillian Flynn, l'auteure du best-seller du même nom, est la scénariste du film. Près de deux heures trente de suspense et de parano, au bout desquelles la plupart des célibataires auront fait le choix de le rester.

Probablement le meilleur David Fincher.

 

Mais plein d'autres films...

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